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AAC – Colloque international “Histoire de la culture de masse : la part amateure”

Pau, 12-13 novembre 2026

Colloque international organisé par les laboratoires ITEM et ALTER (Université de Pau et des pays de l’Adour), avec le concours de la Région Nouvelle-Aqutaine, des universités de Paris-1 Panthéon-Sorbonne (programme “Philies”, CHS) et de Paris-X (CSLF). 

Comité d’organisation : Fabien Archambault, Loïc Artiaga, Pascale Goetschel, Emilie Guyard, Matthieu Letourneux, Julie Verlaine

Présentation

L’historiographie de la culture de masse est désormais bien établie et ce domaine constitue un secteur particulièrement dynamique de la recherche en histoire culturelle. L’apport des historien·nes a été fondamental pour périodiser le phénomène, préciser sa cartographie, celle de ses territoires, de ses agents et de ses structures. Mais le milieu académique n’a été ni le seul ni le premier à s’intéresser à ces sujets. Le colloque des 12 et 13 novembre 2026 propose de porter l’attention sur la part amateure de cette histoire, des pionniers et collectionneurs jusqu’aux aca/fans.

Amateur : le terme s’oppose de façon classique à celui de « professionnel ». « La profession historienne apparaît au tournant des années 1880 quand les facultés des lettres se mettent à enseigner véritablement l’histoire. Auparavant, il y avait des amateurs […] mais pas une profession, c’est-à-dire une collectivité organisée, avec ses règles,  ses procédures de reconnaissance, ses carrières »[1]. L’extension des domaines et interrogations portées par les historiens et historiennes de métier laisse toutefois de nombreux territoires en friche, jugés moins prioritaires ou légitimes. Le projet collectif AmateurS (2019-2022) a ainsi montré l’étendue des domaines et pratiques hors des laboratoires dans le domaine des sciences[2].

Celui de la culture de masse reste à défricher, même si des travaux ont éclairé tel ou tel secteur. Sophie Maisonneuve a par exemple documenté la constitution dans les années 1920 des savoirs inédits sur l’histoire de la musique, qui mettent à profit l’industrie naissante du disque pour contribuer à des patrimonialisations nouvelles, bientôt complétées par des manuels, des revues[3], à la suite de francs-tireurs qui avaient commencé à étudier la dimension sociale des œuvres musicales[4]. L’étude du cinéma ou celle de la presse ont également leurs pionniers. Georges-Michel Coissac, militant de la Société d’instruction populaire et travaillant pour la Maison de la Bonne Presse apparaît ainsi comme un des premiers historiens du cinéma, publiant en 1925 un ouvrage qui fera longtemps référence[5]. L’université n’accueille le cinéma que plus tard, dans les années 1950, dans des contextes isolés et optionnels, sans toujours donner une grande place à l’étude des productions les plus populaires.

Le colloque vise à situer la part de ces savoirs constitués hors du champ académique dans la connaissance de la culture de masse, à en repérer les principaux acteur·ices, à étudier les convergences et concurrences avec les universitaires. Il s’agira de repérer les figures pionnières mais aussi, dans un contexte d’extension des sciences amatrices, les initiatives collectives de collectes et de partage, les premières mises en réseau, les entreprises marchandes et/ou d’échange ou de valorisations financières et symboliques. L’intérêt pour la culture de masse produit des formes particulières de pratiques amateures, conduisant en premier lieu à la sauvegarde de supports destinés à disparaître, comme les comics trips des journaux du début du XXe siècle[6]. Se constituent ainsi des collections considérées aujourd’hui comme relevant d’une grande valeur patrimoniale, comme celle de Claude Witkowski (1914-1993), conservée depuis peu à l’université de Limoges : elle représente un témoignage unique sur les premières collections de romans et feuilletons populaires.

Le colloque permettra d’esquisser des typologies des amateurs, de repérer le travail de médiation qu’ils opèrent (conférences, associations, éditions, sites et blogs), de réfléchir à la nature et aux destinées de leurs archives. Celles-ci intéressent les institutions culturelles (comme le Musée de la bande dessinée d’Angoulême ou la Bibliothèque nationale de France) que les éditeurs, qui multiplient les projets de valorisation[7].

Les communications permettront d’interroger les conditions concrètes de la production des savoirs amateurs, les mécaniques de légitimation. Une place importante sera donnée à la réflexion sur la question numérique. Patrice Flichy a montré comment Internet a accompagné l’émergence de « pro-am » (professionnels-amateurs)[8], dont l’activité participe à la fabrique d’identités sociales nouvelles et valorisantes et nourrit la démocratisation des savoirs.  Il s’agira, enfin, de nourrir la réflexion déontologique des historiens dans leur lien avec les amateurs : comment attribuer la part du travail de chacun, valoriser sans s’approprier les recherches des autres, comprendre les buts et méthodologies différentes.

Les axes suivants seront favorisés, avec, pour l’ensemble du colloque, une attention particulière aux mécanismes de circulations transnationales et aux cas permettant des comparaisons internationales :

1. Généalogie. Cet axe propose d’interroger les premières formes de savoirs constitués hors du champ académique sur la culture de masse. Il s’agira notamment d’identifier les figures pionnières (autodidactes, collectionneurs, érudits, etc.) et d’examiner leurs trajectoires, leurs productions et supports de diffusion. On analysera ici les contextes particuliers qui permettent leur émergence.

2. Institutionnalisation. Le monde amateur se caractérise par des dynamiques sociales à l’origine des premières associations, de revues et de fanzines, parfois de musées qui se consacrent à des objets particuliers (comme les nombreux musées dédiés à la radio et à la TSF). La reconnaissance progressive de la dimension patrimoniale, mais aussi la prise en compte de la « cote » et de la valeur financière des collections, changent le statut des objets médiatiques conservés. À la faveur de l’extension des domaines couverts par les politiques culturelles, des musées se spécialisent dans la conservation et la mise en valeur des imprimés populaires, de la bande dessinée ou aujourd’hui du jeu vidéo, transformant des objets, dès lors totalement ou partiellement « artifiés »[9] et objets de politiques publiques de valorisation.

3. Savoirs. Les controverses entre amateurs et « professionnels » de l’histoire de la culture médiatique reposent moins sur des questions de sujets que de méthodes. On s’interrogera sur la place réservée aux savoirs amateurs dans les épistémologies contemporaines, leurs requalifications éventuelles (érudition, encyclopédisme, etc.) et ce que celles-ci révèlent des enjeux spécifiques au champ des études sur les questions médiatiques. Le domaine voit émerger des figures hybrides, autour de la notion d’aca/fan, revendiquée par Henry Jenkins qui cherche à « combler le fossé entre [..] deux mondes »[10], celui des fans et le monde académique. Le positionnement de Jenkins – qui, d’ailleurs, a évolué dans le temps[11], n’épuise pas la question des liens et limites entre amateurs et savants, qui doit aussi être envisagée dans sa dimension éthique.

4. Postérité. Ce quatrième axe invite à interroger les devenirs des savoirs et des pratiques amateures : comment se modifient les pratiques des amateurs et celles des professionnels, au-delà des formes de rejet ou d’absorption ? Existe-t-il des formes d’apprentissages mutuels ? Quel rôle jouent ici les institutions académiques et culturelles dans le partage des savoirs ? Quelle place est donnée par exemple aux amateurs dans les récits disciplinaires ou dans la constitution des « canons » du populaire ? On s’interrogera également sur l’intégration des amateurs et des amateurs dans les dispositifs institutionnels (commissariats d’exposition, expertises, collaborations éditoriales, mobilisation de canaux à l’accès démocratisé sur le web, etc.) et aux frontières redessinées, sur fond d’enjeux de représentation et de légitimité qui se déplacent, entre amateurs et chercheur·ses de métier.

Le colloque proposera un atelier destiné aux jeunes chercheur·es. En effet, la nature particulière des objets de la culture de masse et la cohabitation avec les savoirs amateurs implique tout à la fois des méthodologies et des stratégies particulières d’accès et de traitement, alors que la multiplication des producteurs d’histoire (médias, collectivités territoriales, agences de communication…) interroge, plus qu’auparavant sans doute, le rôle de l’histoire dans des sociétés fortes consommatrices de passé.

Modalités de soumission des propositions

Les propositions de texte, rédigées en anglais, en espagnol ou en français, sont soumises sous forme de résumé comprenant entre 200 et 300 mots avec mention de l’axe envisagé. 

Chaque proposition doit indiquer les éléments ci-après : nom(s) et prénom(s) de l’auteur·ice/des auteur·ices, affiliation institutionnelle, statut, adresses électronique et téléphonique, toute autre référence permettant d’identifier l’auteur à l’international.

[1] Antoine Prost, Douze leçons sur l’histoire, Paris, Seuil, 2014.

[2] https://ams.hypotheses.org/

[3] Sophie Maisonneuve, « L’industrie phonographique et la patrimonialisation de la musique dans la première moitié du XXe siècle », Le Temps des médias, 22-1, 2014, p. 77‑91.

[4] Rémy Campos, « Philologie et sociologie de la musique au début du XXe siècle », Revue d’histoire des sciences humaines, no 14-1, 2006, p. 19‑47.

[5] Georges Michel Coissac, Histoire du cinématographe de ses origines à nos jours, Paris, Hachette Livre BNF, 2022 [1925].

[6] Benoît Crucifix, Drawing from the Archives: Comics Memory in the Contemporary Graphic Novel, Cambridge, United Kingdom ; New York, NY, Cambridge University Press, 2023.

[7] Benoît Crucifix, « Sortie des encombrants : Fabrique du patrimoine de la bande dessinée de journal aux États-Unis », Sociétés & Représentations, 53-1, 2022, p. 167‑186.

[8] Patrice Flichy, Le Sacre de l’amateur: Sociologie des passions ordinaires à lère numérique, Paris, SEUIL, 2010.

[9] Nathalie Heinich, « L’artification de la bande dessinée », Le Débat, 195-3, 2017, p. 5‑9.

[10] Henry Jenkins, « Chapitre 8. Confessions d’un Aca/Fan », in Introduction à l’étude des cultures numériques, Armand Colin, 2020, p. 173‑176.

[11] Henry Jenkins, Dawn of a New Era: Reinventing Confessions of an Aca-Fan — Pop Junctions, http://henryjenkins.org/blog/2022/10/15/new-editors,  consulté le 13 février 2026.

 

La culture de masse en France. Tome 2. 1930-1990

La culture de masse en France. Tome 2. 1930-1990
Par Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux


La Découverte, 2026


Coll. Repères, 128 pages

Présentation de l’éditeur 


Entre 1930 et 1990, la culture de masse s’impose en France avec l’essor des industries culturelles et l’intensification des liens entre culture et consommation. Que nous apprennent ces transformations, liées à l’augmentation du niveau de vie, à la diffusion des équipements (radio, télévision, électrophone, magnétoscope, etc.), à l’avènement de la société de loisir… ? L’analyse des logiques de production et de diffusion à grande échelle dessine un nouveau portrait de la société française. Celle-ci est traversée par des aspirations à participer à un monde en mutation où règnent sons, textes et images, mais aussi à en contester les fondements et les centres de pouvoir. L’histoire de la culture de masse éclaire également les relations entre l’État et les médias. Elle met en évidence la proximité entre les productions culturelles et les logiques consuméristes. Elle révèle plus largement ce que les nouvelles pratiques collectives disent des imaginaires, des désirs, des résistances et de la quête paradoxale de singularité dans une culture massifiée.

En ligne sur Cairn 

Journées de formation au Patrimoine Culturel Immatériel

Le Laboratoire ITEM de l’UPPA, le CIRDOC – Institut Occitan de Cultura et la Direction générale des patrimoines du Ministère de la Culture, organisent des journées de formation sur le Patrimoine Culturel Immatériel. Vivant et contemporain le Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) comprend, selon la convention de l’UNESCO qui lui est dédiée (2003) : les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine.

Des arcanes de l’UNESCO et du Ministère de la Culture à l’enquête de terrain ; de la rédaction de fiches d’inventaires à l’élaboration d’un dossier de labellisation ; de la réalisation d’archives brutes à leur valorisation via les outils numériques (sites, réseaux sociaux) ; cette formation abordera les questions d’inventaire, de valorisation et de sauvegarde du PCI tant sur le plan théorique que pratique. Le patrimoine culturel immatériel imposant une expertise partagée entre praticiens, chercheurs et institutions patrimoniales, cette co-construction s’interrogera sur le PCI et la gestion des communs fonciers d’un territoire. Salies-de-Béarn deviendra alors le terrain vivant d’expérimentation de cette semaine de formation.

La formation complète est réservée prioritairement aux étudiants de l’UPPA, il est toutefois possible d’assister gratuitement aux journées du lundi, mardi matin et mercredi matin en présentiel ou par visioconférence sur inscription en suivant ce lien.

Programme :

LUNDI 8 AVRIL
Mairie 
Place du Bayaa
64270 Salies-de-Béarn

9h Accueil / Introduction
Thierry Cabanne (Maire de Salies-de-Béarn)Alain Latrubesse (Part-prenants, Corporation des Part-Prenants de la Fontaine Salée)

Patricia Heiniger-Castéret (Co-directrice du Master Patrimoines et Musées, ITEM EA 3002 – UPPA)
Jean-Jacques Castéret (Directeur adjoint – CIRDOC – Institut occitan de cultura)

10h – « La Convention de l’UNESCO et le rôle des ONG pour le Patrimoine Culturel Immatériel » 
Laurier Turgeon (Professeur d’ethnologie et d’histoire,Directeur du Laboratoire d’enquête ethnologique et de multimédia de l’Université Laval, Québec) en visioconférence.

14h – « Question d’actualité autour de la politique du Patrimoine Culturel Immatériel en France » Lily Martinet (Chargée de mission pour le patrimoine culturel immatériel, Ministère de la Culture).

16h – « Médiation et valorisation numérique du Patrimoine Culturel Immatériel »
Oihana Olazcuaga-Garibal (Responsable EAC et médiations numériques, CIRDOC – Institut Occitan de Cultura)

20h30 – Projection et débat
Film documentaire En commun, la propriété collective à l’épreuve de la modernité de Jean-François Joye et Olivier Chavanon ; avec la participation de Bernard Morlaàs (Part-Prenant, Corporation des Part-Prenants de la Fontaine Salée).

MARDI 9 AVRIL
Le Lodge
Quartier Helios Chemin de Labarthe 
64270 Salies-de-Béarn

9h –  « Les communs fonciers et le Patrimoine Culturel Immatériel »

Lily Martinet (Chargée de mission pour le patrimoine culturel immatériel, Ministère de la Culture)

10h30 – Programme SUDOE LIVHES : « La valorisation du PCI comme vecteur de développement des territoires : présentation du Guide des bonnes pratiques et expériences pilotes »
Jean-Jacques Castéret (Directeur adjoint – CIRDOC – Institut occitan de cultura)
Marion Llorach (Chargée de mission développement local – Pôle Métropolitain Pays de Béarn).

14h – La lecture de paysage au prisme du PCI
(réservée aux étudiants de l’UPPA)

20h30 – Soirée conte
avec le conteur Fred Handy.

MERCREDI 10 AVRIL
Le Lodge
Quartier Helios Chemin de Labarthe 
64270 Salies-de-Béarn

9h – « Les communs fonciers, des réponses pertinentes aux problématiques territoriales contemporaines »
Jean-François Joye (Professeur de droit public à l’Université Savoie MontBlanc) en visioconférence

10h30 – Table ronde : « Les communs fonciers »
Dominique Cunchinabe (Anthropologue, ITEM EA 3002 – UPPA)
Rémy Berdou (Etnhologue – Responsable partenariats Etnopòle et de l’action territoriale Gascogne-Pyrénées, CIRDOC – Institut Occitan de Cultura)
Alain Latrubesse (Président de la Corporation des Part-Prenants de la Fontaine Salée)

14h – Travail en ateliers (réservé aux étudiants de l’UPPA)

Méthodologie de l’enquête orale :Patricia Heiniger-Castéret (Co-directrice du Master Patrimoines et Musées, ITEM EA 3002 – UPPA)

Technique de la captation vidéo : Patrick Girard (Pyrène Production)
Analyses photographiques : Pierre Coudouy (Photographe professionnel)

JEUDI 11 AVRIL
réservé aux étudiants de l’UPPA

Matin : travail de terrain
Après-midi : travail de groupes
Traitement et classement des données
Sélection des photos et d’extraits sonores
Montages vidéo
Organisation des données pour les fiches d’inventaire et pages Wikipédia.

VENDREDI 12 AVRIL
réservé aux étudiants de l’UPPA

Suite des travaux de groupesTraitement et classement des données (fin)

Rédaction des fiches d’inventaire

Finalisation des outils de valorisation

Restitution par groupes de travail

Conclusion de la formation par Patricia Heiniger-Castéret (Co-directrice du Master Patrimoines et Musées, ITEM EA 3002 – UPPA)

Page de l’événement : https://occitanica.eu/items/show/60762

Quelques images…

Jeudi d’ITEM / Table ronde PauSES-ITEM-ITS à l’UPPA

19ème session de l’œuvre de Pierre Bourdieu en Pratiques

Vivre et travailler à la campagne

Diversité des trajectoires, des représentations, des pratiques. Des natif-ve-s aux « néo-ruraux » ou « nouveaux » habitant-e-s


Jeudi 6 avril 2023, 14h – 16h

Salle Chadefaud, Institut Claude Laugénie – UPPA

Conférence également accessible à distance :
Cliquez ici pour rejoindre la réunion

Dans le cadre de la 19ème Session des Journées de « l’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques », l’Association PauSES, le Laboratoire ITEM de l’UPPA et l’ITS-Pierre Bourdieu organisent dans le cadre du Jeudi d’ITEM, une table-ronde le jeudi 6 avril 2023 de 14h à 16h sur le thème,

« Vivre (et travailler) à la campagne : diversité des trajectoires, des représentations, des pratiques. Des natif-ve-s aux « néo-ruraux» ou « nouveaux habitant-e-s… » 

Jusque dans les années 1980, en France, les travaux de sciences sociales portant sur les espaces ruraux ont surtout analysé les processus d’exode rural, de modernisation de la production agricole, de dépaysannisation, au sens socio-économique (Henri Mendras, « La fin des paysans », 1967), comme socio-culturel  (Pierre Bourdieu, « Le bal des célibataires »). Depuis lors, les recherches s’intéressent également aux processus concomitants, parfois alternatifs et peut-être accentués par les effets de la crise sanitaire de 2020-2022, de nouvelles installations d’habitant-es, venu-e-s de milieux urbains. L’importance relative des nouvelles installations et des nouvelles pratiques dans l’usage des espaces ruraux, et peut-être de nouveaux régimes de régulations socio-culturelles, peuvent-ils permettre d’aller jusqu’à repérer un processus de re-paysannisation ? Il s’agit alors au cours de la table-ronde de questionner entre autres ces processus, d’en mesurer, quantitativement et qualitativement, la portée et les enjeux afin de savoir, notamment quelle diversité sociologique observe-t-on en milieu rural ?Quels types d’activités, de pratiques et de représentations permettent d’appréhender dans les territoires étudiés et analysés par les chercheur-e-s, les différentes formes de capital culturel et de capital économique des habitant-e-s ?

 Ces questions sur le travail à la campagne, sur les productions agricoles, économiques, sur la famille, sur la jeunesse éducative, etc. serviront d’introduction aux échanges sur les objets de recherche respectifs des chercheur-e-s intervenant à cette table-ronde :

-Alice ANTON, ITS, Docteure en Sciences de l’Education, Directrice des formations à l’ITS-Pierre Bourdieu (Pau)

– Evelyne PONS, CEEC, Conseillère principale d’Education au Collège Jeanne d’Albret (Pau)

Clara Deville,  CSO, Docteure en sociologie, Sciences-Po (Paris)

Animateurs : Abel KOUVOUAMA, ITEM/PauSES et Dénes HARAI, ITEM



 

 

Colloque “Le PCI : de l’Inventaire à la gouvernance”, Pau, 15-17 mai 2014

 

La notion de Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) introduite par l’UNESCO en 2003 a amené à repenser la place des témoins et des chercheurs dans la construction des objets scientifiques. La France ayant ratifié la « Convention pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel » en juillet 2006, cette nouvelle notion a progressivement trouvé un écho au sein du tissu associatif français et dans les dispositifs publics et les organigrammes des collectivités territoriales et des services déconcentrés du Ministère de la Culture dans les régions (DRAC). C’est dans cette dynamique qu’a été mis en œuvre, dès 2008, un Inventaire du PCI en Aquitaine par le Laboratoire ITEM de l’UPPA et l’Ethnopôle InOc Aquitaine, comptant parmi les toutes premières expériences en France.

Ce colloque, ouvert au grand public (entrée libre sur inscription) et organisé à Pau du 15 au 17 mai 2014 sous le haut patronage de l’UNESCO, sera plus particulièrement l’occasion de revenir sur ces sept années d’expérimentation de la notion d’Inventaire et de les mettre en perspective avec d’autres entreprises conduites en France et dans le monde.

L’expérience aquitaine qui ne prétend pas à une quelconque exhaustivité mais à une exploration des méthodes relevant à la fois du travail ethnographique, de l’analyse anthropologique et des protocoles d’inventaire, révèle d’une part l’imbrication – au sein de systèmes – de pratiques diverses regardées – ou non – comme autant de patrimoines, soulevant également un certain nombre de questions.

La notion de transmission étant centrale dans la définition du PCI, l’inventaire aquitain s’est développé dans une optique dynamique prenant les faits observés comme des manifestations contemporaines, révélant dès lors en premier lieu l’actualité de pratiques et savoir-faire faisant sens dans un territoire donné. La notion de PCI invitant à travailler sur les pratiques sociales et culturelles aux plans synchronique et diachronique et à leur contextualisation, le chercheur est alors amené à prendre en considération les espaces, les bâtiments et les objets qui participent de ces pratiques. Quant aux processus de transmission, ils induisent un ensemble de connaissances qui relèvent des patrimoines linguistiques et oraux, le tout étant placé dans un cadre intergénérationnel. Ces pratiques et savoir-faire, qu’ils soient exceptionnels ou ordinaires s’inscrivent, en outre, aussi bien dans des sphères publiques que privées. Les interrogations portées sur les espaces et les savoir-faire font, quant à elles, émerger des pratiques coutumières inscrites dans le temps long qui par certains de leurs aspects peuvent rentrer en conflit avec les nouveaux usages de ces mêmes espaces.

Dès lors, si les notions de PCI et d’inventaire réinterrogent tout à la fois le patrimoine ethnologique avec une implication notable des groupes et des communautés, elles réinterrogent les différents dispositifs règlementaires ou de soutien au patrimoine culturel et naturel. De même, si la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel requiert un encadrement juridique et des dispositifs dans la mise en application du texte dès lors qu’un état membre la signe, quelles instances de gouvernance sont aujourd’hui à même de réguler l’action de ces différents dispositifs ?

Les vidéos des communications sont en ligne sur Mediakiosque à cette adresse.webmoyen

Le programme du colloque et le bulletin d’inscription sont téléchargeables sur le site du laboratoire ITEM.

CONTACTS : Patricia HEINIGER-CASTERET, maître de Conférences

patricia.heiniger-casteret@univ-pau.fr

PROGRAMME DU COLLOQUE:

15 mai, Pau, Pavillon des Arts, Conférence inaugurale dans le cadre du label « Ville d’Art et d’Histoire », 18h30

Chérif Khaznadar  (Président de la Maison des Cultures du Monde/Centre français du patrimoine culturel immatériel) : “Patrimoine Culturel Immatériel, sa genèse, sa philosophie et son développement.

16 mai, l’UPPA, Amphithéâtre de la présidence

9h15
Accueil par le M. le Président de l’Université
Introduction au colloque « Le Patrimoine Culturel Immatériel : de l’Inventaire à la gouvernance »
9h45 : « La notion de Patrimoine Culturel Immatériel »
Christian Hottin (Ministère de la Culture) : « De l’invisibilité à la mise en perspective : Le PCI en France (2006 – 2014 et au-delà). »
Leila Lankarani (CRDEI, Univ. Bordeaux) : « Le Patrimoine Culturel Immatériel et les collectivités infraétatiques : les aspects juridiques »

11h pause café

11h15 : « Acteurs, dispositifs,  outils »
Séverine Cachat  (CFPCI) : « Les acteurs du Patrimoine Culturel Immatériel en France »
Sylvie Grenet-Coye (Ministère de la Culture) : « Les inventaires du Patrimoine Culturel Immatériel en France au regard des communautés »
Laurier Turgeon (Univ. Laval – Québec) : « L’inventaire multimédia en ligne du patrimoine culturel immatériel du Québec : approches, méthodes, évolutions et retombées.»
12h30 : Déjeuner
14h : « Inventaires : retours d’expériences »
Patricia Heiniger-Castéret (ITEM – UPPA) : « 2008-2014, le Patrimoine Culturel Immatériel en Aquitaine, une méthodologie de terrain pour une vision ascendante des expressions patrimoniales »
Samuel Régulus (LADIREP – UEH – Port-au-Prince) : « Conforter l’identité et valoriser les ressources locales par l’Inventaire du Patrimoine immatériel d’Haïti (IPIMH)»
Cyril Isnart (CIDEHUS – Univ. d’Evora) : « Inventaire national et inventaires associatifs au Portugal. Gouvernance, coopérations et alternatives autour du PCI »
16h15 : pause
16h30 : « Du jeu traditionnel à la pratique sportive »
Laurent Fournier (IDEMEC, UMR 7307 CNRS, MMSH – Aix-en-Provence) « La gouvernance dé-territorialisée des biens culturels territoriaux »
Cendrine Lagoueyte (ITEM – UPPA) : “Sports et jeux traditionnels en Aquitaine : le grand écart patrimonial”
Mathilde Lamothe (ITEM – UPPA / Univ. Laval) : « De « la partie » libre  aux « 12 jeux » réglementés, ou du local au global à travers le jeu de quilles de 9 »

17 mai, Ethnopôle – InOc Aquitaine, Auditorium du Château d’Este, Billère

9h15 : « Pratiques coutumières et conflits d’usages »
Cécile Bes (LAJP – UMR 8103 – Paris I Panthéon-Sorbonne) : “Usages et droit. Le cas du pastoralisme en Cévennes”
Dominique Cunchinabe (ITEM – UPPA) : “D’un patrimoine à l’autre : quelle place pour les particularismes locaux ?”
Pascal Palu (ITEM – UPPA): “On nous a dépossédés !”
Marie Pendanx (ADES, UMR 5185, Univ. Bordeaux) : « Les fêtes patronales : entre traditions et règlementations »
11h : Pause
11H 15 : Table ronde « Patrimoine Culturel Immatériel et politiques territoriales »
André Berdou : Vice-président Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, Président du Parc National des Pyrénées.
Jean-François Broquères : Maire et conseiller général de Tartas, Vice-président de la Fédération Française de Course Landaise.
Pierre Casabonne : Maire d’Arette /La Pierre-Saint-Matin.
Anne-Laure Halphen : Institut Supérieur des Métiers
Frédéric Vilcocq : Conseiller Culture, Économie Créative et Numérique auprès d’Alain Rousset, Président du Conseil Régional d’Aquitaine.
12h30 Déjeuner
14h : « PCI et dynamique de l’action culturelle »
Jean-François Sibers (DRAC Aquitaine) : « PCI et politique culturelle : l’expérience de la DRAC Aquitaine»
Jean-Jacques Castéret (InOc Aquitaine) : « De l’Inventaire du PCI à un dispositif public de Sauvegarde immatérielle pour le domaine occitan en Aquitaine »
Charles Quimbert (Bretagne Culture Diversité) : « Le label UNESCO comme politique de valorisation du PCI : le cas du Fest-Noz en Bretagne »
Joan Regant (Consultant en patrimoine culturel, Principat d’Andorra) : « La visibilité universelle de l’intangibilité locale »
16h15 : Pause
16h30 : Table ronde « Porteurs et passeurs de l’immatériel »
Jakie Metge : Technicien fromager
Christophe Pando : Fabriquant de parapluies de berger
David Ducassou : Chef restaurateur et joueur de quilles de neuf
Irène Guilhendou: Viticultrice, présidente de la route des vins du Jurançon
Mathieu Dufau : Musicien, enseignant Diplômé d’Etat.
18h : Conclusion du colloque