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Histoire de la culture de masse. La part amateure

Rencontres internationales

Université de Pau et des pays de l’Adour, Amphi A120

« Histoire de la culture de masse : la part amateure » explore le rôle déterminant joué par les pratiques et expertises non académiques dans notre connaissance de la culture de masse. Il s’agit de mettre à l’épreuves les frontières héritées entre historien·nes « de métier » et érudits, collectionneurs et « fanzineux » et de comprendre comment la singularité de cet objet a fait naître une fabrique des savoirs originale.

Programme

12 novembre

08h45-09h15. Accueil

09h15-09h30 : Ouverture du colloque

9h30-10h15. Conférence d’ouverture (1)

Matthieu Letourneux (Univ. Paris-Nanterre), « Sous-cultures et savoirs amateurs »

Discussion Sylvain Lesage

10h45-12h15. Session 1. « Papes » et passeurs des littératures populaires

Animée par Emilie Guyard (Univ. Pau)

  • Catherine Frichet & Hélène Veilhan (Univ. Clermont-Auvergne), « Jean Bastaire et sa collection de littérature populaire : une trajectoire à la charnière entre pratiques amateures et approches académiques »
  • Natacha Levet (Univ. Limoges), « Claude Mesplède, l’autre ‘pape du polar’ : trajectoire et ethos d’un amateur érudit »
  • Marceau Forêt (Univ. Lyon 2), « Érudits ou chercheurs, bataille pour une juridiction. Le cas de la science-fiction dans les années 1970 »
  • Àlex Martín Escribà & Javier Sánchez Zapatero (Univ. de Salamanque), « Biblioteca ‘La Bóbila’ : una experiencia de difusión e investigación del género negro y policíaco »

14h-15h30. Session 2. Bande dessinée, fanzines et édition(s)

Animée par Lucie Amir (Univ. Grenoble-Alpes)

  • Sylvain Lesage (Univ. Lille), « Les formes matérielles de l’impression amateure »
  • Aurélie Huz (Univ. Paris-Nanterre), « Fanzines et SF »
  • Julie Demange (Sciences Po Paris), « Frontières de l’amateurisme : entre marge et institution, trajectoires bédéphiles, professionnalisation et postérités des discours amateurs (1960-1980) »
  • Jean-Matthieu Méon (Univ. de Lorraine), « Indexer et valoriser : l’instrumentalisation éditoriale d’un savoir amateur spécialisé. Les index Marvel, 1976-2012 »

16h-17h30. Atelier collectif « Travailler sur et avec les savoirs amateurs de la culture de masse »

13 novembre

9h30-10h15. Conférence d’ouverture (2) Yoan Verilhac (Univ. Nîmes), « Classements, listes, tops et compilations : mise en forme des préférences dans les pratiques d’amateurs »

Discussion Pascale Goetschel (Univ. Paris I)

10h45-12h15. Session 3. Connaître la musique et les arts du spectacle vivant

Animée par Viviane Delpech (Univ. Pau)

  • Sacha Najman (EHESS), Un amour des spectacles de variétés : la constitution d’une critique spécialisée autour de l’association parisienne de la presse du music-hall dans l’entre-deux-guerres
  • Marc Lozano (CEAC), La clownologie et L’Union des Historiens du Cirque : Genèse d’un savoir amateur sur le cirque
  • Marie Goupil-Lucas-Fontaine (Univ. Paris I), Femmes n’ayant pas réussi l’amalgame de l’autorité et du charme » : le genre de l’expertise historienne en chanson

14h-15h30. Session 4. Les institutions au défi des amateur·es

Animée par Fabien Archambault (Univ. Paris I)

  • Jedediah Sklower (Univ. Sorbonne-Nouvelle), « La gouvernementalité militante communiste face aux pratiques amateures des jeunes : le répertoire des candidats aux ‘Relais de la chanson française’ en 1958 »
  • Julien Lalu (PEPR ICCARE / Univ. Poitiers), « Historiciser et sauvegarder le jeu vidéo : rhétoriques, rôles et initiatives des cercles amateurs. L’exemple du musée permanent du jeu vidéo en France
  • Valérie Joyaux (Musée de l’Air et de l’Espace), « Les sources amateures de l’écriture de l’histoire de l’aéronautique dans les fonds du musée de l’Air et de l’Espace »
  • Christelle Le Brusq (Université de Bretagne Occidentale), « Quand une amateure fait avancer les mathématiques : Production et validation des savoirs mathématiques dans les pratiques « amateures » liées aux pavages du plan : le cas de Marjorie Rice (1923-2017) ».

16h. Conclusions

Téléchargez le programme

Organisation : Fabien Archambault (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS), Loïc Artiaga (Université de Pau et des pays de l’Adour, ITEM), Pascale Goetschel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS), Emilie Guyard (Université de Pau et des pays de l’Adour, ITEM),  Julie Verlaine (Université de Tours, CeTHIS)

AAC – Colloque international “Histoire de la culture de masse : la part amateure”

Pau, 12-13 novembre 2026

Colloque international organisé par les laboratoires ITEM et ALTER (Université de Pau et des pays de l’Adour), avec le concours de la Région Nouvelle-Aqutaine, des universités de Paris-1 Panthéon-Sorbonne (programme “Philies”, CHS) et de Paris-X (CSLF). 

Comité d’organisation : Fabien Archambault, Loïc Artiaga, Pascale Goetschel, Emilie Guyard, Matthieu Letourneux, Julie Verlaine

Présentation

L’historiographie de la culture de masse est désormais bien établie et ce domaine constitue un secteur particulièrement dynamique de la recherche en histoire culturelle. L’apport des historien·nes a été fondamental pour périodiser le phénomène, préciser sa cartographie, celle de ses territoires, de ses agents et de ses structures. Mais le milieu académique n’a été ni le seul ni le premier à s’intéresser à ces sujets. Le colloque des 12 et 13 novembre 2026 propose de porter l’attention sur la part amateure de cette histoire, des pionniers et collectionneurs jusqu’aux aca/fans.

Amateur : le terme s’oppose de façon classique à celui de « professionnel ». « La profession historienne apparaît au tournant des années 1880 quand les facultés des lettres se mettent à enseigner véritablement l’histoire. Auparavant, il y avait des amateurs […] mais pas une profession, c’est-à-dire une collectivité organisée, avec ses règles,  ses procédures de reconnaissance, ses carrières »[1]. L’extension des domaines et interrogations portées par les historiens et historiennes de métier laisse toutefois de nombreux territoires en friche, jugés moins prioritaires ou légitimes. Le projet collectif AmateurS (2019-2022) a ainsi montré l’étendue des domaines et pratiques hors des laboratoires dans le domaine des sciences[2].

Celui de la culture de masse reste à défricher, même si des travaux ont éclairé tel ou tel secteur. Sophie Maisonneuve a par exemple documenté la constitution dans les années 1920 des savoirs inédits sur l’histoire de la musique, qui mettent à profit l’industrie naissante du disque pour contribuer à des patrimonialisations nouvelles, bientôt complétées par des manuels, des revues[3], à la suite de francs-tireurs qui avaient commencé à étudier la dimension sociale des œuvres musicales[4]. L’étude du cinéma ou celle de la presse ont également leurs pionniers. Georges-Michel Coissac, militant de la Société d’instruction populaire et travaillant pour la Maison de la Bonne Presse apparaît ainsi comme un des premiers historiens du cinéma, publiant en 1925 un ouvrage qui fera longtemps référence[5]. L’université n’accueille le cinéma que plus tard, dans les années 1950, dans des contextes isolés et optionnels, sans toujours donner une grande place à l’étude des productions les plus populaires.

Le colloque vise à situer la part de ces savoirs constitués hors du champ académique dans la connaissance de la culture de masse, à en repérer les principaux acteur·ices, à étudier les convergences et concurrences avec les universitaires. Il s’agira de repérer les figures pionnières mais aussi, dans un contexte d’extension des sciences amatrices, les initiatives collectives de collectes et de partage, les premières mises en réseau, les entreprises marchandes et/ou d’échange ou de valorisations financières et symboliques. L’intérêt pour la culture de masse produit des formes particulières de pratiques amateures, conduisant en premier lieu à la sauvegarde de supports destinés à disparaître, comme les comics trips des journaux du début du XXe siècle[6]. Se constituent ainsi des collections considérées aujourd’hui comme relevant d’une grande valeur patrimoniale, comme celle de Claude Witkowski (1914-1993), conservée depuis peu à l’université de Limoges : elle représente un témoignage unique sur les premières collections de romans et feuilletons populaires.

Le colloque permettra d’esquisser des typologies des amateurs, de repérer le travail de médiation qu’ils opèrent (conférences, associations, éditions, sites et blogs), de réfléchir à la nature et aux destinées de leurs archives. Celles-ci intéressent les institutions culturelles (comme le Musée de la bande dessinée d’Angoulême ou la Bibliothèque nationale de France) que les éditeurs, qui multiplient les projets de valorisation[7].

Les communications permettront d’interroger les conditions concrètes de la production des savoirs amateurs, les mécaniques de légitimation. Une place importante sera donnée à la réflexion sur la question numérique. Patrice Flichy a montré comment Internet a accompagné l’émergence de « pro-am » (professionnels-amateurs)[8], dont l’activité participe à la fabrique d’identités sociales nouvelles et valorisantes et nourrit la démocratisation des savoirs.  Il s’agira, enfin, de nourrir la réflexion déontologique des historiens dans leur lien avec les amateurs : comment attribuer la part du travail de chacun, valoriser sans s’approprier les recherches des autres, comprendre les buts et méthodologies différentes.

Les axes suivants seront favorisés, avec, pour l’ensemble du colloque, une attention particulière aux mécanismes de circulations transnationales et aux cas permettant des comparaisons internationales :

1. Généalogie. Cet axe propose d’interroger les premières formes de savoirs constitués hors du champ académique sur la culture de masse. Il s’agira notamment d’identifier les figures pionnières (autodidactes, collectionneurs, érudits, etc.) et d’examiner leurs trajectoires, leurs productions et supports de diffusion. On analysera ici les contextes particuliers qui permettent leur émergence.

2. Institutionnalisation. Le monde amateur se caractérise par des dynamiques sociales à l’origine des premières associations, de revues et de fanzines, parfois de musées qui se consacrent à des objets particuliers (comme les nombreux musées dédiés à la radio et à la TSF). La reconnaissance progressive de la dimension patrimoniale, mais aussi la prise en compte de la « cote » et de la valeur financière des collections, changent le statut des objets médiatiques conservés. À la faveur de l’extension des domaines couverts par les politiques culturelles, des musées se spécialisent dans la conservation et la mise en valeur des imprimés populaires, de la bande dessinée ou aujourd’hui du jeu vidéo, transformant des objets, dès lors totalement ou partiellement « artifiés »[9] et objets de politiques publiques de valorisation.

3. Savoirs. Les controverses entre amateurs et « professionnels » de l’histoire de la culture médiatique reposent moins sur des questions de sujets que de méthodes. On s’interrogera sur la place réservée aux savoirs amateurs dans les épistémologies contemporaines, leurs requalifications éventuelles (érudition, encyclopédisme, etc.) et ce que celles-ci révèlent des enjeux spécifiques au champ des études sur les questions médiatiques. Le domaine voit émerger des figures hybrides, autour de la notion d’aca/fan, revendiquée par Henry Jenkins qui cherche à « combler le fossé entre [..] deux mondes »[10], celui des fans et le monde académique. Le positionnement de Jenkins – qui, d’ailleurs, a évolué dans le temps[11], n’épuise pas la question des liens et limites entre amateurs et savants, qui doit aussi être envisagée dans sa dimension éthique.

4. Postérité. Ce quatrième axe invite à interroger les devenirs des savoirs et des pratiques amateures : comment se modifient les pratiques des amateurs et celles des professionnels, au-delà des formes de rejet ou d’absorption ? Existe-t-il des formes d’apprentissages mutuels ? Quel rôle jouent ici les institutions académiques et culturelles dans le partage des savoirs ? Quelle place est donnée par exemple aux amateurs dans les récits disciplinaires ou dans la constitution des « canons » du populaire ? On s’interrogera également sur l’intégration des amateurs et des amateurs dans les dispositifs institutionnels (commissariats d’exposition, expertises, collaborations éditoriales, mobilisation de canaux à l’accès démocratisé sur le web, etc.) et aux frontières redessinées, sur fond d’enjeux de représentation et de légitimité qui se déplacent, entre amateurs et chercheur·ses de métier.

Le colloque proposera un atelier destiné aux jeunes chercheur·es. En effet, la nature particulière des objets de la culture de masse et la cohabitation avec les savoirs amateurs implique tout à la fois des méthodologies et des stratégies particulières d’accès et de traitement, alors que la multiplication des producteurs d’histoire (médias, collectivités territoriales, agences de communication…) interroge, plus qu’auparavant sans doute, le rôle de l’histoire dans des sociétés fortes consommatrices de passé.

Modalités de soumission des propositions

Les propositions de texte, rédigées en anglais, en espagnol ou en français, sont soumises sous forme de résumé comprenant entre 200 et 300 mots avec mention de l’axe envisagé. 

Chaque proposition doit indiquer les éléments ci-après : nom(s) et prénom(s) de l’auteur·ice/des auteur·ices, affiliation institutionnelle, statut, adresses électronique et téléphonique, toute autre référence permettant d’identifier l’auteur à l’international.

[1] Antoine Prost, Douze leçons sur l’histoire, Paris, Seuil, 2014.

[2] https://ams.hypotheses.org/

[3] Sophie Maisonneuve, « L’industrie phonographique et la patrimonialisation de la musique dans la première moitié du XXe siècle », Le Temps des médias, 22-1, 2014, p. 77‑91.

[4] Rémy Campos, « Philologie et sociologie de la musique au début du XXe siècle », Revue d’histoire des sciences humaines, no 14-1, 2006, p. 19‑47.

[5] Georges Michel Coissac, Histoire du cinématographe de ses origines à nos jours, Paris, Hachette Livre BNF, 2022 [1925].

[6] Benoît Crucifix, Drawing from the Archives: Comics Memory in the Contemporary Graphic Novel, Cambridge, United Kingdom ; New York, NY, Cambridge University Press, 2023.

[7] Benoît Crucifix, « Sortie des encombrants : Fabrique du patrimoine de la bande dessinée de journal aux États-Unis », Sociétés & Représentations, 53-1, 2022, p. 167‑186.

[8] Patrice Flichy, Le Sacre de l’amateur: Sociologie des passions ordinaires à lère numérique, Paris, SEUIL, 2010.

[9] Nathalie Heinich, « L’artification de la bande dessinée », Le Débat, 195-3, 2017, p. 5‑9.

[10] Henry Jenkins, « Chapitre 8. Confessions d’un Aca/Fan », in Introduction à l’étude des cultures numériques, Armand Colin, 2020, p. 173‑176.

[11] Henry Jenkins, Dawn of a New Era: Reinventing Confessions of an Aca-Fan — Pop Junctions, http://henryjenkins.org/blog/2022/10/15/new-editors,  consulté le 13 février 2026.

 

L’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques – 14ème Édition

La 14ème édition de l’œuvre de Pierre Bourdieu » est consacrée à l’examen des rapports entre sport-s et sciences sociales.

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Il s’agit d’analyser de quelle manière les « techniques du corps », sportives, au-delà de leurs spécificités disciplinaires (le rugby n’est pas le jeu à XIII et le lancer du poids diffère nettement de celui du javelot), participent de la construction de rapports sociaux, faits de forces et de luttes, symboliques, que les corps sportifs semblent fortement modéliser. Ainsi le champ sportif semble tendre à la subdivision, à la différenciation, avec l’apparition récurrente de  nouvelles disciplines et au sein de celles-ci, la vivacité des clivages entre les différents amateurismes et le professionnalisme.

 

Voir le programme :

Résumés-interventions_Sport-sciences sociales